Les plages publiques mauriciennes reçoivent des milliers de personnes chaque week-end, et les équipes de nettoyage passent le lundi. Entre les deux, ce qui reste sur le sable finit dans le lagon à la première marée ou au premier coup de vent. Le plastique léger — couverts, pailles, films alimentaires, sacs — est celui qui voyage le plus loin et qu'on retrouve dans les coraux de Blue Bay à vingt kilomètres de là.

Le geste le plus efficace est aussi le plus simple : arriver avec deux sacs vides. Un pour les déchets, un pour les bouteilles et canettes, qui se recyclent séparément à Maurice. Tout repart dans le coffre, même si une poubelle est présente sur place : les poubelles de plage débordent systématiquement le dimanche après-midi et se vident dans le vent avant le passage des équipes.

Ensuite, remplacer ce qui se casse par ce qui dure : gourdes plutôt que bouteilles, boîtes hermétiques plutôt que film plastique, couverts en inox plutôt que jetables, et une vraie nappe plutôt qu'une nappe en papier. Ça ne coûte rien de plus sur trois sorties, et ça supprime d'un coup l'essentiel du volume de déchets d'un pique-nique.

Le feu mérite une attention particulière. Les racines de filaos courent à fleur de sol et se consument lentement : un barbecue posé à même le sable peut faire mourir un arbre deux ans plus tard, ce qui explique en partie les trouées qui apparaissent le long de certaines plages du nord. Un brasero surélevé, des braises noyées à l'eau avant de partir, et le problème disparaît.

Enfin, dans les zones protégées — parc marin de Blue Bay, parc national de Bras d'Eau, Île aux Aigrettes — les règles sont plus strictes et elles ont une raison d'être. Crème solaire sans oxybenzone dans le parc marin, aucun prélèvement de coquillage ou de corail, et on ne nourrit jamais les singes ni les oiseaux : un macaque nourri devient un macaque agressif, et c'est ensuite l'animal qu'on déplace.