On oublie facilement que Maurice n'est pas qu'un anneau de plages. Dès qu'on monte au-dessus de 400 mètres, le climat change : la température perd cinq à huit degrés, l'air devient humide et forestier, et les foules disparaissent complètement. En février, quand le sable brûle dès 10h, c'est là que vont les Mauriciens qui connaissent l'île.

Le réservoir de La Nicolière est l'exemple le plus accessible depuis le nord. La route de crête domine le lac et toute la plaine jusqu'à la mer, avec des emplacements ombragés le long de l'eau. À une demi-heure de Grand Baie, on passe d'un lagon à 31 °C à une forêt à 25 °C. Il n'y a aucun commerce : tout se prépare avant de monter.

Plus au sud, le plateau de Plaine Champagne et le point de vue d'Alexandra Falls offrent le meilleur rapport effort/panorama de l'île : quelques mètres depuis le parking, des tables sous les arbres, et toute la plaine du sud jusqu'à l'océan. On est à plus de 600 mètres, il pleut souvent en début d'après-midi et il fait franchement frais le soir — prévoir un pull, ce qui est une phrase étrange à écrire à Maurice.

Pour une journée complète, le parc national de Bras d'Eau à l'est combine forêt, tables aménagées et sentiers courts, avec une plage confidentielle à proximité si l'envie de lagon revient. Le Domaine de l'Étoile, plus dans les terres, ajoute des rivières et de vraies randonnées, mais l'accès est payant et encadré.

Un mot sur la météo : l'intérieur reçoit deux à trois fois plus de pluie que la côte ouest, et un ciel parfaitement dégagé à Flic en Flac peut correspondre à une averse continue à Plaine Champagne. Regarder la météo du plateau spécifiquement, pas celle de la côte, et garder une bâche ou un plan B. C'est le seul vrai défaut de ces spots.