Le classique absolu, c'est la mine frit préparée la veille et mangée froide. Ça surprend les visiteurs, mais des nouilles sautées avec du poulet, des légumes et un trait de sauce soja se tiennent parfaitement une nuit au frais et se mangent très bien à température ambiante. Chaque famille a sa version, et la discussion sur la quantité de piment qu'il faut y mettre est un sujet de dispute sérieux.
Ensuite viennent les fritures, qui voyagent sans effort : gâteaux piment (beignets de dal jaune au piment et à la coriandre), boulettes, samoussas et gâteaux patate pour le sucré. On les achète en quantité au marché le matin même — Goodlands, Flacq ou Quatre Bornes selon ta région — ou chez le marchand ambulant qui passe déjà sur la plage. Le pain maison et le beurre, avec une boîte de rougaille saucisse, font aussi un repas de plage très courant.
Le rougaille est LE plat de pique-nique mauricien : tomate, oignon, thym, piment, et au choix saucisses, poisson salé ou boulettes de poisson. Il se transporte dans une boîte hermétique, se mange avec du pain ou du riz froid, et il est meilleur le lendemain. Si tu pars avec des convives qui ne connaissent pas, prévois une version douce à côté — le piment mauricien n'est pas décoratif.
Côté fruits, on suit la saison : ananas Victoria coupés à l'avance et salés au piment pour les amateurs, mangues en été austral, letchis en décembre-janvier, goyaves de Chine en hiver. Un marchand d'ananas au couteau finit par passer sur toutes les grandes plages publiques, ce qui règle la question du dessert sans rien préparer.
Pour boire, l'alouda (lait, basilic, agar-agar, sirop) se transporte mal et se boit plutôt au marché. Sur la plage, ce sera de l'eau, des sodas locaux et, pour les adultes, de la bière Phoenix ou un rhum arrangé maison. Rappel utile : l'alcool est toléré sur les plages publiques mais la conduite en état d'ivresse est très sévèrement sanctionnée à Maurice, et les contrôles du dimanche soir sur les routes côtières sont systématiques.



