La base tient en quatre objets : une natte ou un grand drap, une glacière rigide avec des pains de glace, un sac poubelle solide, et beaucoup plus d'eau que tu ne penses. Sous les tropiques, on boit facilement deux litres par personne sur une journée de plage, et la plupart des spots mauriciens n'ont aucun point d'eau potable. La glacière rigide n'est pas un luxe : un sac souple laisse la chaleur entrer en une heure, et la mayonnaise d'un rougaille poulet ne pardonne pas.

Vient ensuite le confort. Un parasol est souvent inutile sur les plages à filaos — l'ombre est déjà là — mais indispensable à Pointe d'Esny ou au Morne où elle est en retrait du sable. Si tu emportes un parasol, prends de vrais piquets : le vent d'est de l'après-midi couche systématiquement les modèles de supermarché. Ajoute des chaussures d'eau si tu vises une côte basaltique comme Roches Noires, et un coupe-vent léger pour les spots d'altitude comme La Nicolière ou Alexandra Falls, où il fait plusieurs degrés de moins.

Pour le barbecue, le charbon ne se trouve pas sur place. On l'achète en grande surface ou chez le marchand du coin la veille, avec de quoi l'allumer. Les grilles jetables fonctionnent mais chauffent mal ; un petit brasero portable dure des années et se nettoie en deux minutes. Et surtout : on ne fait jamais de feu directement sur le sable ni contre les racines des filaos, qui sont à fleur de sol et brûlent lentement sans qu'on s'en aperçoive.

Les trois oublis classiques, dans l'ordre : le tire-bouchon et le décapsuleur, la deuxième poubelle (une pour les déchets, une pour les bouteilles consignées), et la trousse à pharmacie minimale — antiseptique, pansements, antihistaminique. Les oursins des zones rocheuses et les moustiques de fin de journée font plus de dégâts que tout le reste, et aucun de ces spots n'a de pharmacie à moins de vingt minutes.

Dernier point, le plus important : tout ce que tu apportes repart avec toi. Les plages publiques mauriciennes sont nettoyées par des équipes municipales débordées et par les habitués eux-mêmes. Un sac poubelle dans le coffre et dix secondes de ramassage avant de partir, c'est la seule raison pour laquelle Mont Choisy ou Flic en Flac sont encore agréables un dimanche soir.